Description

Histoires de lumière is a video loop projected in a dark space, which creates the illusion of the light of passing vehicles moving across the wall. We can make out the shifting, flat, shadowy forms of a window frame, tree branches, and occasionally a standing figure. The forms often multiply moving from left to right, and right to left. The dense sound track is made up of ambient city noises and the sound of ocean waves.


Histoires de lumière est une boucle vidéo projetée dans un espace sombre, qui crée l’illusion que la lumière des véhicules qui passent se déplace sur le mur. On distingue les formes mouvantes, plates et ombragées d’un cadre de fenêtre, de branches d’arbres, et parfois d’une silhouette debout. Les formes se multiplient souvent de gauche à droite et de droite à gauche. La bande sonore dense est composée de bruits ambiants de la ville et du son des vagues de l’océan.


Statement

After several years of intense work with process and materials, I felt the need to challenge myself with something very different. At a residency in Paris, I decided to reduce my parametres for creating to a bare minimum and to simplify my process as much as possible. I wanted the results to be ephemeral, barely visible – the rawest possible. The intersection of time and space seemed to be the essence.

My studio/residence overlooked the River Seine and the busy road between it and the river. Each night, the tourist-filled bateaux-mouches went down the river shining their very bright lights into my room, making a magical and monumental movement of light and shadow. I remembered as a child watching from my bed, the lights of passing cars from sometimes quite far away enter my room and touch all of the walls before exiting and disappearing down the country road. In Paris, I began to video document the light and shadows moving in my room.

I saw my studio as the interior chamber of a camera and there, from inside, I was able to watch the light from this – the City of Lights enter and travel through this interior space.

Often inspired by personal experience, I understand my work as part of an autobiographical process where I observe myself observing and interacting with the world. This work is simply that.


Après plusieurs années de travail intense sur le processus et les matériaux, j’ai ressenti le besoin de me lancer un défi très différent. Lors d’une résidence à Paris, j’ai décidé de réduire mes paramètres de création au strict minimum et de simplifier mon processus autant que possible. Je voulais que les résultats soient éphémères, à peine visibles – les plus bruts possibles. L’intersection du temps et de l’espace semble être l’essentiel.

Mon studio de résidence donnait sur la Seine et sur la route très fréquentée qui la reliait au fleuve. Chaque nuit, les bateaux-mouches remplis de touristes descendaient le fleuve en éclairant ma chambre de leurs lumières très vives, créant ainsi un mouvement magique et monumental d’ombres et de lumières. Enfant, je me souviens d’avoir regardé depuis mon lit les lumières des voitures qui passaient, parfois très loin, entrer dans ma chambre et toucher tous les murs avant de sortir et de disparaître sur la route de campagne. À Paris, j’ai commencé à documenter par vidéo la lumière et les ombres qui se déplaçaient dans ma chambre.

Je voyais mon studio comme la chambre intérieure d’un appareil photo et là, de l’intérieur, je pouvais regarder la lumière de cette ville – la ville des lumières – entrer et voyager à travers cet espace intérieur.

Souvent inspirée par une expérience personnelle, je conçois mon travail comme faisant partie d’un processus autobiographique dans lequel je m’observe moi-même en train d’observer et d’interagir avec le monde. Cette œuvre est tout simplement cela.

Karen Trask, 2009, Traduction, Mélissa Guay 2025



Publications

Karen Trask, cette artiste de l’ombre
Jérôme Delgado (2014). Le Devoir (Critique/Arts visuels–compte rendu de L’ombre et la forme), 27 septembre 2014, E9.

« En vidéo et en sculpture, Karen Trask parle du temps depuis vingt-cinq ans. Elle en parle de toutes sortes de manières, par des projections sur écran, en installations et en une diversité d’objets, opaques ou translucides, sphériques ou plats… En ombre et avec une forme, tel que le dit le titre de l’exposition qui ouvre la saison de la salle Alfred-Pellan, à la Maison des arts de Laval… »